Après la journée assez soft d’hier, nous décidons en ce dimanche de pâques de randonner sur la montagne Pelée. Il y aura sûrement moins de monde que sur les plages !! Au départ du sentier, des frissons dû à l’air frais des montagnes nous font directement oublier les nausées et tournis de la route tortueuse. Il faut s’armer de k-way, contre le vent, le frais, et d’éventuelles tombées de pluie. Ca nous change de la chaleur en bord de mer ! Nous commençons par « l’aileron », qui n’est pas trop difficile. Ce qui fait d’ailleurs qu’il y a quand même un peu de monde… Nous devons régulièrement nous arrêter pour laisser passer ceux qui descendent. Comme ça grimpe pas mal  (jusqu’à 1250m d’alt avec 428m de dénivelé), nous faisons régulièrement des pauses pour nous désaltérer et admirer la vue sur l’île, quand les nuages le permettent !

La nature sauvage et très particulière nous enchante. Tapis d’herbacée et fougères multiformes recouvrent roches volcaniques et falaises.

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La verdure dessine les énormes failles  qu’elle recouvre. On aurait dit des déchirures dans la montagne. L’ensemble de la végétation, assez rase, ne fait pas plus haut que nos hanches. Sûrement à cause, entre autre, du vent qui souffle fort. La brume omniprésente rafraîchit nos visages et fait couler nos nez. Contraste étrange quand le long de nos cous, de sous nos k-way dégoulinant de sueurs, remonte la chaleur de l’effort de la marche. Il faut être très prudents quand des rochers nus et glissants servent de marches ! Avec ses tongs, Xav impressionne les marcheurs super équipés (pour ne pas encombrer son sac de voyage, il laissé ses baskets en Guyane…) ! Plus on grimpe, moins il y a de monde.

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Une fois l’extrémité de « l’aileron » atteint, au bout de deux heures, nous nous arrêtons à un refuge pour casse-croûter notre déjeuner glacé, avant de poursuivre notre randonnée vers le « chapeau chinois », sommet du cône de l’éruption de 1829, et point culminant de l’île (1395m). Ca grimpe raide. On doit presque ramper sur les rochers géants.

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Le vent règne ici en puissance et il est nécessaire de s’agripper à quelques plantes pour éviter de se déséquilibrer. De plus, il faut multiplier la prudence de la marche car la végétation masque les failles. Le paysage, cataclysmique, est impressionnant. C’est fou comment le temps semble s’être arrêté depuis plus d’un siècle sur la Pelée. Toutes ces roches crachées des entrailles de la terre figées là ! Nous restons quelques instants au sommet, nichés au creux de quelques roches volcaniques monstres pour nous protéger du vent et du froid. Pas de vue sur les autres îles de la caraïbes pour nous. Trop de brumes. Deux ou trois fois, les nuages s’en vont pour en faire venir d’autres, et en deux ou trois secondes, nous percevons l’océan et un bout de la côte ouest de la Martinique baignée dans un soleil qu'on devine radieux. La descente, par le même chemin est plus rude pour les genoux. Heureusement pas de chutes graves ! Peut-être, si nos souvenirs sont bons, une méga cognée de genou à un rocher, et une foulure bénigne d'une cheville…

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Comme nous ne faisons pas les choses à moitié, nous décidons de pousser encore plus la randonnée en faisant « la caldeira », la plus difficile et fatigante de toute la Pelée. Nous sommes un peu justes point de vue temps pour ne pas se faire prendre par la tombée de la nuit, mais nous tentons le coup !

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La descente dans le cratère est une dégringolade dans un monde de verdure lunaire, à moitié embrumé, avec des fleurs aux couleurs criardes par-ci, des sortes de sapins miniatures par là, des fougères aux formes folles, des trucs qui ressemblent à des ananas, des arbres nains dont les troncs et les branches sont recouverts de mousses pendantes…

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Nous sommes vraiment réduits à rien au milieu de ce décor. La fissure est énorme, et la pente raide. Quatre cent mètre de dénivelé. Nos genoux souffrent un peu surtout pendant la descente. Xav assume super la rando avec ses tongs, qui ne sont pas encore cassées !! Il se sert de ses doigts de pied comme crampons sur les rochers glissants. Pour remonter, c’est le souffle qu’il faut gérer. La marche nous enivre. L’air est pur. Le paysage extra. En amont, de l’autre côté de la caldeira, la montagne a la peau pelée.

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On comprend maintenant mieux d’où viendrait sa nomination. Nos pas suivent un bon rythme. En une heure trente, nous bouclons la boucle où les guides prévoient au moins deux heures trente de marche. Nous pouvons reprendre le retour par « l’aileron » tranquillement, en faisant attention aux multitudes d’escargots à nos pieds.   

Une journée bien sportive en faisant la totale de la fameuse montagne Pelée. Une dizaine de kilomètres avec des dénivelés importants, en environ six heures de marche. Retour en voiture par la route de l’ouest, avec une halte pâtisserie Robinson (gâteau au coco banane et goyave, succulent et rassasiant !) à Saint Pierre. Au carbet, on décide de s’arrêter à nouveau , pour la baignade du jour … On profite d’un moment romantique sur la plage pour observer le coucher du soleil.